Le programme Chifoumi, porté par le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Finistère (CAUE) avec la commune de Guipavas, a accompagné durant l’année 2025 la transformation de la cour de l’école élémentaire Jacques Prévert. Celle-ci s’est transformée pour accueillir des espaces aménagés et végétalisés. Ce chantier a été mené par Matthieu Véron et Léo Pouliquen de l’Atelier Bivouac (collectif de paysagistes dont l’antenne bretonne est basée à Plougastel-Daoulas).
Un projet participatif
Pensé comme un projet participatif, Chifoumi place les enfants et les équipes éducatives au cœur de la réflexion afin de concevoir une cour plus inclusive, pédagogique et adaptée aux enjeux climatiques.
Pendant un an, 174 élèves, les équipes éducatives, les services de la collectivité et les partenaires ont travaillé étape par étape, à travers des ateliers de co-conception, des phases de préfiguration et des chantiers participatifs. « Les enfants, les enseignants et les parents ont été mis à contribution, explique Matthieu Véron. L’analyse de départ a montré que le jeu de ballon était central et prenait beaucoup de place. Nous avons donc décidé collectivement de diversifier les espaces avec des zones plus apaisées. » 480 m2 d’enrobés ont ainsi été enlevés et réutilisés pour former une colline ! Ce projet a permis de désimperméabiliser le sol. Puis les enfants ont planté plusieurs essences d’arbres et plus de 400 vivaces afin de créer des espaces différenciés (jeux, calme, nature, sport). Les parents d’élèves, quant à eux, se sont attelés à la fabrication du mobilier sur mesure en assemblant des pièces prédécoupées.
Une enveloppe de 50 000€
Cette transformation favorise le bien-être des enfants. La directrice de l’école Naïg Etienne constate d’ailleurs « beaucoup moins de tensions et de conflits sur la cour. C’est une grande réussite. Les enfants comme les enseignants se sont bien approprié l’espace. » À terme, la biodiversité et le rafraîchissement de la cour avec une baisse mesurée de la température pouvant atteindre 4°C au printemps devraient être constatés. Enfin, Anne Delaroche, adjointe aux affaires scolaires, souligne, avec le sourire, de nouvelles pratiques apparues avec Chifoumi : « Les élèves adorent balayer les copeaux de bois ! Plus sérieusement, Chifoumi a contribué à renforcer le lien entre école, territoire et acteurs locaux. Ce qui permet de parler d’un véritable projet participatif. »
Cet aménagement, d’un coût de 50 000€ porté par la collectivité (accompagnement, conception, travaux), a pu bénéficier du soutien technique du CAUE du Finistère, de subventions de l’État (dans le cadre du Fonds vert) à hauteur de 6 196€ et du Conseil départemental (plan 500 000 arbres) à hauteur de 1 350€.