Coureur de l’extrême
Erwan QUEMENEUR
De son métier d'infirmier en réanimation aux courses Ironman, Erwan Quemeneur vit sa vie à 1 000%. Portrait du footballeur devenu triathlète, aussi fondateur de la course Mazouman à Porspoder dont la quatrième édition aura lieu le 6 juin prochain.
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Mon rêve, le triathlon mythique de Norvège : le Norseman
Il l’avoue lui-même, quand Erwan Quemeneur se lance dans une nouvelle discipline, il n’y va pas à moitié. Tout commence par le foot dès 5 ans aux Gars du Reun. Vingt ans de pratique où il joue jusqu’en Régional 1, à tous les postes (il est surnommé « le couteau suisse » par la presse locale), il devient aussi moniteur pour les jeunes. Avec son métier d’infirmier de nuit en réanimation, le rythme devient intense. « Je finissais le travail à 7h du matin. J’allais jouer à 14h pour retravailler à 19h le soir. J’ai fini par me blesser », relate le Guipavasien d’origine. « Opération des ligaments croisés, rééducation… Tout ça m’a amené vers les sports d’endurance. » Le Covid passe aussi par là pour mettre le sport en équipe sous cloche. « Il n’y avait plus de compétition. Tout un contexte a fait que j’ai préféré prendre mes distances. Plutôt que de changer de club, parce que j’étais trop attaché au mien, j’ai préféré changer de sport. »
La force des jambes
Le nouveau virus est inoculé. Lors de vacances en 2021, il prend un dossard pour un triathlon en Ardèche. La même année, il s’attaque à la distance reine : un Ironman dans le Médoc (3,8 km de nage, 180 km de vélo, 42,195 km de course à pied). Et les expériences s’enchaînent : quatorzième à l’Ironman du Mont Saint-Michel, 2h44 au marathon de Paris… En février dernier, il termine deuxième au Trail de Guip’. « Si on y va progressivement avec notre corps, on est capable de choses magnifiques. Aller d’un point A à un point B, juste avec la force des jambes, c’est assez formidable. Et ça peut être une bonne psychanalyse : sur les trails très longs, on a tellement de phases émotionnelles différentes qu’on en sort physiquement fatigué, mais mentalement reposé. » Une façon de compenser son travail difficile à l’hôpital ? « On voit tellement de choses tristes, alors on prend du recul et on se dit qu’il faut profiter de tout ! » Une façon aussi de découvrir les beaux paysages plus lointains : « Mon rêve, c’est le triathlon mythique de Norvège : le Norseman. » L’Ironman réputé le plus difficile au monde…
Triathlon familial
Le triathlon Mazouman, qui n’était au départ qu’un défi entre copains s’officialise en 2023. Pour la quatrième édition à venir, les 300 dossards se sont envolés en 5 secondes ! Erwan Quemeneur est aux commandes : « L’idée n’est pas d’en faire une machine à business. On veut que ça reste convivial et familial. C’est 50 euros le dossard, donc sur une limite très basse par rapport aux autres. » Avec 250 bénévoles engagés, le village installé près de la plage des Colons à Porspoder s’annonce festif. Seul regret de notre organisateur, impossible de combiner les rôles et d’être cette fois sur la ligne de départ. Mais dans l’esprit, il y sera certainement !
Fabienne Ollivier
Article publié dans Guipavas le magazine n°19 – mai/juin 2026